La symptothermie: une méthode naturelle pour contraception ou conception

juillet 18, 2020

1. La symptothermie, qu’est-ce que c’est ?

La symptothermie est une méthode d’analyse et de suivi du cycle, qui peut être utilisée comme méthode de contraception naturelle ou, à l’inverse, comme outil de suivi de la fertilité dans l’optique de favoriser une grossesse.

En plus d’être 100% naturelle, cette méthode offre à la femme qui l’applique une très bonne connaissance de son cycle menstruel et du fonctionnement de son corps tout au long de cette période. Il s’agit donc avant tout d’apprendre à se connaître.

L’objectif de la contraception symptothermique consiste à identifier avec précision sa période de fertilité, durant laquelle les rapports sexuels s’accompagnent nécessairement du port d’un préservatif ou d’un diaphragme pour éviter tout risque de grossesse.

Au contraire, employée comme un support au projet de grossesse, la sympothermie aidera le couple à identifier les meilleurs moments du cycle pour essayer de concevoir un enfant.

(1)        Une méthode complexe à comprendre ?

La symptothermie est une méthode qui peut sembler un peu obscure de prime abord.

Il faut en effet concéder qu’elle requiert de maîtriser quelques notions théoriques de base pour être employée, et un petit temps d’appropriation de la méthode est nécessaire pour qu’elle soit efficace.

Cependant, passé ce temps, et une fois que l’on en maîtrise le B.A-BA, la symptothermie est une méthode plutôt simple et pratique à utiliser au quotidien.

 

(2)        Une méthode complexe à appliquer ?

Non ! La symptothermie est très facile à appliquer dès lors que l’on sait sur quels principes elle repose et que l’on connaît suffisamment son corps.

Les 3 premiers cycles qui suivent l’adoption de la symptothermie servent généralement de période d’observation : pendant cette dernière, l’objectif est de comprendre comment fonctionne le cycle menstruel. Chaque femme possède un cycle qui lui est propre : durée, sensations, températures… le cycle menstruel diffère d’une femme à l’autre, c’est pour cela qu’il est important de comprendre son mécanisme avant de mettre à profit la symptothermie.

Ensuite, on peut suivre son cycle grâce à une application dédiée ou en remplissant manuellement un cyclogramme (qui est une sorte de tableau récapitulatif que l’on remplit en quelques minutes chaque jour en y indiquant les règles, la température corporelle, etc.).

2. Comment est-ce que ça fonctionne ?

La symptothermie repose sur l’interprétation de deux signes :

(1)        L’observation de l’élixir

De quoi parle-t-on ?

Élixir, glaire cervicale, pertes blanches… Il s’agit des sécrétions produites par le canal cervical qui traverse le col de l’utérus et que la femme retrouve ponctuellement dans sa culotte/sur le papier hygiénique.

Première chose : ce n’est pas sale. C’est tout à fait naturel, et, certes, le mot « glaire » n’est pas ultra glamour, mais c’est une substance dotée de super pouvoirs, et elle mérite d’être mise sur le devant de la scène.

Elle tient en effet plusieurs rôles importants.

– D’une part, elle protège l’utérus : elle équilibre la flore vaginale en éliminant les impuretés.

– D’autre part, elle joue un rôle de lubrifiant naturel lors des rapports sexuels.

– De plus, selon la période du cycle, elle favorise la circulation des spermatozoïdes jusqu’à l’ovule (highway to the ovule) ou à l’inverse, devient un milieu hostile et bloque l’accès (spermato shall not pass).

En bref : Gloire à la glaire !

 

Élixir, bel élixir, dis-moi si je suis fertile ?

Apprécier l’aspect de l’élixir donne des indications précieuses sur le cycle en cours.

Lorsqu’il est blanchâtre et épais, c’est un signe de fertilité légère ou moyenne.

Quand il est transparent et filant, c’est un signe de très grande fertilité.

Lorsqu’il est jaunâtre et cassant, c’est un signe de faible fertilité.

Quand il n’est pas observable, c’est un signe de faible fertilité ou d’infertilité.

Distinguer les différents types d’élixir (une femme pouvant ne pas connaître les 4 aspects) peut être considéré comme difficile par certaines. Il n’y a pas de secret en ce qui concerne la connaissance de son propre corps : il faut être attentif et patient. L’expérience offrira une meilleure appréciation des aspects de l’élixir.

Nous ne développerons pas davantage ce point dans le présent article pour ne pas l’alourdir. L’objectif est ici de vous présenter la symptothermie de manière simple et concive.  Pour plus de précisions, nous vous invitons à consulter les ressources mises à disposition par des experts en la matière : vous trouverez quelques références en bas de page.

(2)        La température corporelle, un indicateur clé

L’évolution de la courbe de température donne des informations clé sur le cycle en cours. Employée seule, cette méthode d’analyse du cycle et de ses périodes de fertilité/infertilité n’est pas considérée comme très fiable, et dans le cas de l’adoption de cette méthode à des fins contraceptives, les risques de grossesse non désirés sont importants.

Toutefois, couplées à une connaissance accrue des mécanismes du corps pendant le cycle menstruel à l’analyse de l’élixir, elle forme une méthode d’analyse très précise.

Comprendre la courbe de température

La température corporelle varie selon les phases du cycle.

Au début du cycle (qui démarre avec l’apparition des règles), avant l’ovulation, la température du corps est dite basse, généralement située autour des 36,5°C (température donnée à titre indicatif – elle peut varier d’une femme à l’autre). Elle reste basse quelques jours, formant ce que l’on appelle le « plateau bas » ;

Au moment de l’ovulation, la température chute. C’est supposément la température la plus basse relevée de tout le cycle menstruel (point nadir) ;

Après l’ovulation, la température augmente de plusieurs dixièmes de degrés. Elle reste élevée quelques jours, souvent au-dessus de 37°C. On appelle le phénomène de stagnation de la température à sa valeur haute le « plateau haut ».

Ensuite, la température redescend progressivement jusqu’à retrouver sa valeur basse. Un nouveau cycle recommencera dès l’arrivée des règles.

La hausse des températures qui intervient après l’ovulation est due à la progestérone sécrétée par le corps jaune (anciennement le follicule qui a libéré l’ovule). Lorsque le taux de progestérone diminue, la température du corps baisse.

 

Ces deux piliers de la symptothermie que sont l’analyse de l’élixir et la prise de température se complètent et offrent ce qu’on appelle un « double contrôle ». Le constat résultant de l’interprétation d’un signe est confirmé par celui de l’autre signe.

D’autres indices peuvent être perçus, comme la position du col de l’utérus, des douleurs abdominales pendant l’ovulation, une sensation de seins gonflés, ou encore le SPM : ces derniers viennent compléter l’analyse mais ne peuvent à eux-seuls être exploités pour en tirer des conclusions sur le cycle menstruel (fiabilité faible).

 

Pour en savoir plus :

« La symptothermie complète, La contraception – ou conception- écologique pour tous ! » rédigé par R. Harri Wettstein, Christine Bourgeois et Pryska Ducoeurjoly (Édition n°3 – 2020).

Et aussi : « Symptothermie et après pilule », rédigé par Élodie Kaioun, publié le 16 septembre 2019, disponible à ‹ https://elodiekaioun.fr/2019/09/16/symptothermie-apres-pilule/>

Et encore : https://sympto.org/3/fr/sympto/comment-ca-marche

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